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Auteur : Olivier Hammam - Publié le : 2017-05-31 01:09 - (557 Lectures)|
Quel meilleur piège à prédateur qu'une proie au piquet? Et bien, une proie libre, parce derrière une proie au piquet on voit souvent une ombre inquiétante. Mais les prédateurs n'ont pas toujours la vigilance requise... |
Sur ce site, j'ai tendance à mettre en équivalence la relation proie/prédateur et celle, disons, État/société. Chacun sa manière de symboliser et de métaphoriser un modèle général de représentation d'une situation-type où un aspect possible est réversible. On peut dire que si la société s'oppose à l'État ou l'inverse, les deux aspects sont les deux faces d'une même monnaie. L'ethnologue-anthropologue-sociologue-politiste-philosophe (entre autres) Pierre Clastres a écrit La Société contre l'État, titre repris ici pour un article, or comme beaucoup de mots “contre” est ambivalent et signifie aussi bien « opposé à » et « à proximité de », illustré par la fameuse sentence de Sacha Guitry, pour réfuter plaisamment sa réputation de misogyne, « Je suis contre les femmes, tout contre », qui a la puissante capacité d'inverser instantanément la compréhension automatique de la première partie avec l'énonciation de la seconde. Cette phrase est l'épure d'une extrême densité de ce que l'on s'entend depuis somme toute assez longtemps, et assez bien théorisé par Henri Bergson, sur ce qui provoque le rire, une rupture, la concaténation d'une situation attendue ou d'un discours assez ordinaire et plutôt consensuel, qu'on l'accepte ou qu'on le refuse, et d'une situation inattendue ou d'un discours non ordinaire. En fait, la deuxième partie de la séquence qui provoquera le rire est elle aussi ordinaire, c'est plutôt une sorte d'inversion entre la première et la seconde partie qui crée la rupture, une image en miroir.