Dans l'article précédemment publié sous le titre « Même les paranos ont des ennemis » je raconte les choses d'une manière dramatique, en fait tout ça est plus tristement banal, la question centrale est celle du contrôle social : c'est une chose nécessaire mais dès qu'il dépasse un certain niveau se produit un brusque emballement qui fait qu'assez vite (à l'aune de la durée des sociétés, à l'aune de la durée des individus, ça peut parfois être assez long et même, très long...) ce qu'on peut appeler l'État, qui n'est pas l'État au sens ordinaire mais la part de la société qui est dévolue à la gestion du contrôle social, et qu'on retrouve aussi bien dans “le privé” que dans “le public” et dans “les corps intermédiaires”, disons, tous les membres d'une organisation sociale dont l'unique ou la principale fonction sociale est de, comme l'on dit aujourd'hui, « gérer les ressources humaines ». De l'autre côté, il y a “la Société”, ou plus exactement des deux autres côtés. Quitte à vous plonger un peu dans la confusion, je ne vais pas me casser la tête à donner des noms bien différenciés, pour la raison simple que ce qui forme le tout est la société, et que l'État et la Société avec une majuscule sont également membres de la société avec une minuscule et qu'enfin la partie Société est ce qui forme l'essentiel de la société, donc pourquoi lui chercher un autre nom ? Donc, des deux côtés de l'État, il y a la Société.
Une société large telle que la société française de 2017 se compose de cinq principaux groupes articulés “verticalement” (manière de dire, dans les faits tous les membres de la société ont les pieds sur terre et la tête à-peu-près à la même hauteur). Dans l'idéal, on a au sommet, au milieu et à la base les membres de la Société, et entre le sommet et le milieu comme entre le milieu et la base, des membres de l'État. À titre personnel je n'ai jamais vu de mes yeux vu un idéal ou comme écrivent les philosophes, un Idéal, donc je sais que cette description ne peut jamais s'appliquer tel que dans la Réalité comme disent les philosophes, dans la réalité comme je dis. Je n'aime pas les majuscules inutiles, pour moi les majuscules c'est en début de phrase, pour le premier substantif d'un titre et les mots qui le précèdent, pour les nom propres et POUR PARLER FORT quand on ne parle pas, donc quand on écrit. L'Idéal et la Réalité ce sont des noms communs, ergo l'idéal et la réalité1. Donc, la réalité ce n'est pas l'idéal, ce qui fait que cette représentation idéale ne se réalise jamais ainsi. Par contre une société doit tendre à faire que la réalité s'approche le plus possible de l'idéal. Les cinq groupes en question sont, dira-t-on, des “pouvoirs”, raison pourquoi ils doivent être aussi séparés que possible. Cela dit, tous les membres de ces groupes sont aussi membres de la société et donc, par nécessité il y a un peu d'État dans la société et un peu de la Société dans l'État mais le moins possible de l'un dans l'autre.
En pratique, voici :
- Le groupe symbolisé par, disons, le Monarque, “représente la société” mais symboliquement. Dans les circonstances ordinaires ce groupe essaie de concilier les volontés des quatre autres groupes principalement en faveur de la base mais tenant compte de la nécessaire préservation des trois autres groupes. Dans les circonstances extraordinaires, celles qu'on peut dire “ordinairement extraordinaires” (par exemple, fêtes nationales, grands événements nationaux ou internationaux, cérémonies de tous ordres) et celles “extraordinairement extraordinaires” (par exemple les grandes négociations interétatiques, les crises sociales, les guerres, les catastrophes naturelles ou artificielles), le Monarque aura un rôle de représentation totale de l'ensemble de la société ;
- le groupe étatique de plus haute position se compose de deux principaux sous-groupes, le Gouvernement et l'Administration. L'ensemble est nommé Exécutif au titre du fait que sa fonction est précisément d'exécuter. Le Gouvernement et l'Administration ont un rapport inverse aux autres groupes, à quoi s'ajoute que sauf situations “extraordinairement extraordinaires” n'a pas de lien avec le groupe Monarque : le Gouvernement est formellement désigné par le Monarque, effectivement nommé après concertation entre les trois groupes de la Société où celui intermédiaire est prépondérant à ce moment-là. Dans les faits et pour la France, le président de la République “nomme” le Premier ministre mais au sens strict, il diffuse publiquement ce nom, alors que son choix s'est fait le plus souvent en concertation entre le président et les membres de l'Assemblée nationale. Et bien sûr la même chose se produit pour le reste du gouvernement, le Premier ministre négocie avec les trois groupes de rang hiérarchique inférieur, principalement celui représentant la Société, pour trouver un consensus sur les noms des ministres. Il peut arriver, en des circonstances particulières, que le gouvernement soit désigné sans consultation des autres groupes mais ça ne peut durer et pendant cette période il, comme on dit, “traite les affaires courantes”. C'est le cas à l'heure ou j'écris ce texte, le Monarque a désigné le Premier qui a désigné les ministres parce que l'Assemblée est provisoirement suspendue jusqu'au terme de la période électorale courant, le 18 juin 2017, après quoi un nouveau Gouvernement sera nommé, qui devra tenir compte de la décision de la Base quant à la composition des groupes politiques nommés à l'Assemblée. Ce sera, disons, un compromis entre les deux choix successifs, celui du monarque et celui de l'Assemblée : si un groupe politique d'orientation différente de celle du Monarque dispose d'une nette majorité à l'Assemblée celui-ci n'aura qu'un rôle marginal, si aucune majorité ne se dessine, il faudra au président négocier avec plus ou moins de poids selon le poids de ses partisans et la dispersion plus ou moins grande des autres groupes politiques,